Avant de partir à Moorea

Petit moment de balade et détente à la ‘pointe Vénus’ au coucher du soleil : c’est l’heure douce, celle où les familles en vacances scolaires de Pâques viennent s’essayer au surf pour les plus débutants, celle des entrainements en vaa (pirogues) en vue de la grande fête de juillet -heiva -, celle où il fait bon être dans l’eau dont la température est à 29 °.

Nous voici prêts à larguer les amarres en direction de Moorea. On a finalement acquis une nouvelle annexe, avec un fond semi-rigide et le moteur a du être changé également ! On se répète -et je sens qu’on n’a pas fini- mais là encore les relations ont été simples, sympas et efficaces avec tous nos interlocuteurs.
On repart donc avec du matériel tout neuf et c’est peut-être mieux finalement que cet incident soit arrivé à Papeete. N’importe où ailleurs, on aurait galéré davantage… et faire du ‘bateau stop’

pour rejoindre Gaïa nous a encore permis de rencontrer des gens sympas… Par exemple, une famille qui venait d’Israël : ‘Notre voyage devait durer 1 an et ça fait 4 ans maintenant qu’on navigue avec nos 2 filles qui ont aujourd’hui 11 ans et 16 ans. Mais là, on va devoir rentrer, car il y a les études. En Polynésie, ça fait 2 ans qu’on est arrivés et on ne se lasse pas…’.
De notre côté, l’équipage est en forme, un peu claqué par la chaleur mais impatient d’aller taquiner le Pacifique. On part d’Arue jeudi matin, direction Moorea et la traversée devrait durer environ 4 heures, selon le vent. A nous la baie de Cook et d’Opunohu !
La tenue du blog sera un peu plus aléatoire à partir de ce moment, mais le cœur y est.

De Tahiti (Marina d’Arue) à Moorea
La Polynésie, sans les Marquises qui sont tout au nord-est

Joies et déboire…

‘Un dimanche soir sur la terre’ : il fait 32° chez JC et la semaine a passé à la vitesse du son…

On a été totalement absorbés par les préparatifs pour Gaïa : récupérer les batteries neuves qui étaient bloquées en douane à cause d’une panne informatique, faire réparer le fond de l’annexe qui était percé,  trouver du tissu pour faire ‘pare-soleil’, trouver une cocotte-minute à la bonne dimension des coffres de rangement (6 litres), faire le carénage, changer le sondeur, réparer tout ce qui fonctionne mais qui pourrait mieux fonctionner,  nettoyer, ranger, dégripper…

Bref, une semaine de courses, de travaux, de bricolage ! Malgré la présence de 2 hyper marchés (Carrefour et Hyper U) on ne trouve pas de tout… Il faut dire qu’on  est quand même à 7000 Kms du 1er point d’approvisionnement (Nouvelle-Zélande ou Etats-Unis) : cela rend parfois les choses sportives,  donc on ne pinaille pas sur le choix de la couleur des draps !
Quand on a déplacé pour la 1re fois Gaia très tôt le matin, vers le chantier de carénage à 1h de navigation de la Marina de Papeete, c’était la joie à bord : le Captain était pas peu fier à la barre de Gaia et quand un banc de dauphins a entouré le bateau au moment où l’on passait les feux de sortie du port de Papeete, on a pris cela comme un excellent présage…   et on était comme deux gosses tout heureux ! Le carénage s’est passé comme sur des roulettes. Pas de mauvaise surprise sur la coque en sortant le bateau,  une équipe du chantier hyper-pro,  accueillante et serviable. Par exemple,  pendant que Gaïa était sur cale sèche, ils nous ont livré ‘à bord’ les 3 batteries neuves et le stock de bouteilles de gaz pour la cuisine d’un coup d’élévateur.  Hop, 130 kgs de moins à  manipuler pour nos petits bras…  Toutes ces petites choses qui rendent la vie plus douce et qui sont faites avec le sourire. Ca fait chaud au cœur. On constate dans chaque situation que la gentillesse est la règle et l’énervement quasi inexistant… Je me demande pourquoi on se prive d’une telle qualité de vie en ‘métropole’, parce-que franchement ça ne coûte pas plus cher et le résultat est tellement plus agréable au quotidien !

Hier tout était nickel,  on était sur un corps mort à la marina d’Arue et ravis d’envisager de s’installer vraiment  sur Gaia.

Dans le soleil couchant, on a étrenné l’annexe pour aller sur terre, avant de dormir chez JC une dernière nuit.

Samedi après midi, grosse émotion en retrouvant notre annexe au fond de l’eau ! Oups, petit moment de solitude… On a l’a récupérée au bout de l’amarre et on a tout de suite rincé le moteur à l’eau douce en espérant qu’il ne soit pas foutu… Bon, j’ai pas fait trop de photos,  l’ambiance n’était pas vraiment au reportage !

Autopsie : certainement trop gonflé, un boudin s’est décollé avec la chaleur et  le compartiment entre les 2 boudins n’était pas si étanche que ça… On pense que le revêtement (hypalon) a été fragilisé par le soleil et n’a pas résisté !

Un peu déprimés, on est rentrés chez Jean-Claude pour essayer de bricoler le moteur, mais les vis étaient tellement rouillées qu’Alain a renoncé. Le matériel doit être particulièrement bien entretenu dans ces zones tropicales qui malmène les matériaux.
Il ne reste plus qu’à attendre lundi pour l’amener à réparer et trouver une nouvelle annexe – d’occasion si possible, même si le marché de l’occas n’est pas du tout actif pour des ‘petits moteurs’-. Ici, la règle c’est plutôt des gros catamarans avec de grosses annexes -par rapport à Gaïa-.

Ce matin on a fait du ‘bateau stop’ pour monter sur Gaïa et continuer les bricolages : mise en marche du téléphone par satellite (Iridium) pour avoir la météo et en cas d’urgence,  , installation des batteries, mise en route du sondeur… 

Installation des batteries neuves

Il fait toujours aussi  anormalement chaud. 32° à l’intérieur de la maison. Le soleil cogne fort ! Sur le bateau on boit autant d’eau qu’on l’évapore… on frôle les 50 degrés –dixit Alain qui ruisselle en bricolant dans la cabine arrière tribord ! – Le changement climatique a aussi un impact ici…

Aujourd’hui, Ida organisait encore une fête pour l’anniversaire d’une amie. Il y avait une 15aine de personnes, des ‘demi’ (1/2  polynésien.ne  et 1/2  autre, sachant que le ‘autre’ va de la Chine à la France en passant par l’Algérie ou le Bénin) . C’est fou comme l’être humain se balade !  Il y avait aussi des amis originaires d’autres archipels.

J’aime bien la façon dont les fêtes se passent ici… chacun apporte quelque chose, dans sa glacière, arrive à l’heure qu’il veut, repart à l’heure qu’il veut. La table reste garnie toute la journée et le coup de fourchette est sacrément costaud ici : on attaque vers 11h30 et on termine vers 20h. Barbecue de poisson, viandes, poisson cru sous différentes formes, légumes locaux (tarot, fruit de l’arbre à pain, patates douces). On ne force pas trop sur la salade !

Je sais maintenant faire le poisson cru à la Tahitienne et je pense que ça va être notre plat principal sur le bateau … Miam !

Les sardines crues au lait de coco n’ont plus de secret pour moi grâce à Coco
Allez, ca va être ça notre spectacle dès qu’on aura mis les voiles…

J+2

Youpi on y est !

Après 30 heures de trajet de porte à porte (Marseille- Papeete)  l’Ile de Tahiti est apparue dans le soleil levant  samedi matin et c’était de toute beauté avec ses montagnes hautes et vertes.  Ce petit point au milieu du Pacifique devient réalité et c’est bon …
Jean-Claude, l’ami d’Alain, nous a accueilli à l’aéroport avec le traditionnel collier de fleurs et nous avons été directement chez lui : il est super bien installé, sur les hauteurs de Papeete, dans une maison très agréable à vivre, très aérée, avec une vue magnifique sur la mer.
Nous y avons retrouvé Ida, sa femme, Vaimiti, sa fille de 26 ans, Teaeo le copain de sa fille et Rainui, son fils de 23 ans. Tous vivent ensemble à la maison.
Nous étions ensuite impatients d’aller saluer ‘Gaia’, le bateau qui nous attend dans la marina de Papeete et c’était super de le découvrir. Il est top et on va y être très bien !

Nous découvrons Papeete avec JC et Ida… par exemple, aller manger aux ‘roulottes’ sur le port. Une roulotte, c’est comme un ‘camion pizza’,  avec des tables devant, qui propose une cuisine polynésienne ou asiatique populaire : poisson cru ou grillé, viande, frites. Amis et familles s’y retrouvent pour passer la soirée dans une ambiance très agréable, en plein air…

Nous avons discuté du travail d’Ida dans une asso qui accueille des jeunes de 13 à 18 ans en grande difficulté et ici aussi, le tissu social se délite parfois : l’éloignement entre les Iles, la drogue qui fait des ravages avec  l’ice, le chômage… ‘on a de plus en plus de mal, les situations relèvent de plus en plus de la psychiatrie’.

JC confirme : ‘Quand je suis arrivé à Tahiti il y a 30 ans, il n’y avait qu’un seul SDF à Papeete. Il s’appelait Emile et était considéré par la population. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de SDF, peut-être 200 dans la ville qui compte 40 000 habitants et ces SDF sont en piteux état avec la drogue. C’est vraiment triste et de plus, ce phénomène se développe ‘.

Dimanche matin, il ne fallait pas rater le marché de Papeete, particulièrement animé ce jour là. Quand nous sommes arrivés à 7h, c’était presque la fin : le marché débute vers 4h et termine à 8h.

Il faut dire qu’ici,  on se lève avec le soleil vers 6h et on se couche tôt aussi : vers 21h.

Quel spectacle ! Profusion de fruits et légumes tropicaux, de poissons, de vendeurs de cochon grillé, de petits plats à déguster sur le pouce ou à ramener à la maison, de préparations à base de lait de coco. Bref, j’ai voulu goûter à presque tout, c’était délicieux et on a ramené plein de victuailles pour le repas de midi !

Adrien et Marine, à qui nous avons acheté le bateau, nous ont rejoints pour faire ‘la passation’ autour d’une bonne bouteille :  après le repas, de belles discussions et 2h ½ d’intense exploration, Gaia n’avait presque plus de secrets pour Alain. Le matériel laissé à bord plein par Marine et Adrien nous sera très utile. Merci à eux !

Les hommes étaient en nage, car il fait particulièrement chaud ces jours çi : environ 32 ° -et avec l’humidité  on transpire davantage –  et il n’y a pas quasiment pas de différence entre le jour et la nuit.  

Pendant ce temps, sur le ponton, les uns et les autres passaient, saluer Adrien et Marine qui sont restés 3 mois dans la marina avant d’aller s’installer ‘en ville’ quand ils nous ont vendu le bateau.

Ils venaient aussi faire connaissance avec ‘les nouveaux’ que nous sommes. Tous sont de ‘grands navigateurs’ partis pour un tour du monde d’au minimum 2 ans et plutôt 4 ou 5 ans, souvent avec des enfants. C’était vraiment un très bon moment et passionnant de les écouter : les récits de vie et de voyage me captivent.

S’installer dans le bateau, c’est l’aménager, le préparer pour le voyage, le caréner. Donc, pas mal de petites courses…Dans les commerces les gens sont très sympas, cherchent toujours à te renseigner. Le tutoiement est de mise entre tout le monde, dans tous les espaces. C’est tellement plus simple !

Nos premières impressions sur Tahiti sont excellentes, le mythe de la Polynésie fonctionne -sauf pour les vahinés qui ont troqué  le régime alimentaire poisson/riz  pour adopter celui des Etats-Unis gras et sucré ! – et on vous dira si ça se confirme.

On compte lever l’ancre dimanche ou lundi, direction Moorea.