Huahiné, ses pêcheurs, ses voyageurs.

Huahiné est une île entourée par le récif, comme toutes les Iles de la Société (Tahiti, Moorea, Huahiné, Raiatea, Tahaa, Bora-Bora, Maupiti…). Elle est scindée en deux, reliée par un pont,  et une route permet d’en faire le tour : 60 km en tout et pour tout.

Huahiné signifie ‘la femme’, un peu comme la ‘vahiné’. On ressent davantage ici le rythme calé sur celui de la nature, la pêche, le coprah (pour son huile). Les arbres fournissent ‘Uru’, (fruit de l’arbre à pain), avocats, pamplemousses, bananes, fruits de la passion. Ici, il faut surtout prendre le temps de dégager les arbres des assauts des herbes, des lianes, des arbustes,  favorisés par le cocktail régulier pluie/soleil. Les jardiniers ont de quoi faire : tondre, tailler, tondre, tailler au moins une fois par mois,  toute l’année !

A Huhiné, il y a la tante de la femme de JC : Miriama. Elle y vit depuis sa pré-retraite, prise à 52 ans. C’est l’île de son père et elle y a une maison, au bord du lagon. Elle est active socialement, comme beaucoup de femmes ici. Elle participe à un groupe de danse, de soutien aux ‘évasans’ (évacués sanitaires), à la paroisse. D’ailleurs, c’est avec elle qu’on est allés au ‘culte de Pâques’ à Maroe. Une 100 aine de fidèles, surtout des femmes et plutôt âgées, élégantes en blanc et en ‘savates’ (tongs) avec de très jolis chapeaux généralement en matières naturelles (bois de pandanus, bambou, fleurs…). Le culte et les chants  étaient en tahitien, c’était très agréable et beau,  j’ai même reconnu quelques airs de chants, comme ‘à toi la gloire…’ et j’y suis allée de ma petite ritournelle en français. La classe !

Le vin et le pain de la Sainte -Cène étaient remplacés par de l’eau de coco et du pain de coco, on a trouvé cette adaptation aux réalités locales  pleine de bon sens. Mais il parait que cela n’a pas été du goût de certains paroissiens ! Ensuite on est allés avec Miriama manger dans un restaurant le ‘Mahi Tahiti’, avec le four Tahitien,  une tradition : on cuit sur des pierres, recouvertes de sables et terre, pendant des heures, à l’étouffée, du porc/poulet/veau/poisson/bénitier/banane/tarot/patate douce/igname/uru, entourés de feuilles de bananiers. Puis, chaque met  est présenté avec du lait de coco ou une autre sauce ou nature. C’est très bon ! Les Tahitiens présents avaient un sacré coup de fourchette : les assiettes étaient remplies et re-remplies… Quel festin !

On a aussi pris le temps de visiter l’île en voiture, l’occasion de faire d’autres rencontres : un pêcheur/tatoueur visiblement très heureux de son sort :

‘pour pêcher, c’est là devant, quand on a assez on s’arrête et on recommence après’ ‘Mon tatouage au cou ? c’est le parc à poisson qui est devant ma maison et le reste des motifs, c’est ma famille, la nature’. Une petite famille de ‘voileux’  avaient loué 2 scooters et on a ramené les enfants trempés par plusieurs ‘grains’ : ils nous ont invités à prendre l’apéro sur leur catamaran : partis pour un 1 an il y a 4 ans, avec 4 enfants. Moments de partage, d’échange de ‘bons plans’, de récits, de leur grosse frayeur quand leur catamaran a eu une grosse voie d’eau au départ des Marquises, avec intervention d’un avion venu de Papeete -4h de vol- et d’un bateau secours avec une motopompe qui a été transportée à bord pour évacuer l’eau et faire un début de réparation… Tout  s’est heureusement bien fini ! On commence à ‘entrer dans le rythme du voyage’, à prendre le tempo avec Gaïa, à avoir un peu moins de bricolages à faire, à être plus disponibles pour notre environnement. Et puis, ça y est, Alain a repéré les poissons à pêcher et depuis quelques jours, on se régale !

C’est quand même grandiose d’assurer son repas de cette manière. Et c’est tellement beau de voir cette vie et ces couleurs dans les ‘patates de corail’. J’ai vu une très belle ‘raie léopard’ : grande,  majestueuse et gracieuse. A moins d’un mètre de moi !  Pas trop rassurée au début : ‘euh, t’es qui toi ?’ mais finalement en restant bien tranquille tout se passe bien. Et surtout en allant demander aux gens ou s’assurer ensuite dans les bouquins qu’on ne craint rien.  Pas mal de pluie/grains ces jours çi, on est dans la fin de la saison des pluies. Mais, même sous la pluie il fait chaud !

On est à Raiatea.. le voyage continue…Raiatea, sa rivière et ses grains… Après 5 heures de navigation vraiment pas confortables entre Huahiné et Raiatea- vent arrière faible, mer courte et croisée, on a été très secoués-  on s’est posés dans la baie de Faaroa ! un très bel endroit, à l’embouchure de la seule rivière navigable de Polynésie – sur 2 kms -… qu’on a remonté en annexe, à la rame. C’était beau, paisible…

En cours de route, André nous a fait visiter son jardin, un petit Eden :2 ha qu’il cultive avec son père. ‘J’ai ma pension d’ancien militaire et le champs c’est pour nourrir la famille, vendre un peu le surplus. Ici, je suis bien, je n’ai pas de ‘boss’. Nous sommes repartis avec un ½ régime de bananes, des tarots, des patates douces, des fruits…  et lui partait s’entrainer en ‘va’a’ la pirogue, en perspective de la grande course chaque année début novembre.La va’a est vraiment le sport national ici.

On a partagé ½ régime de bananes avec les 2 autres voiliers au mouillage : des Etats-Uniens et un Belge. Tous sympas ! Apéro, discussions, bière/rhum, dodo.

2 commentaires sur « Huahiné, ses pêcheurs, ses voyageurs. »

  1. Oui c’est bien sympa, ce récit détaillé et coloré où l’on entre un peu à pas de loup dans la vie des locaux et l’on sent presque l’odeur du poisson frais qui frétille sur le pont de Gaïa. Savez de la chance : savourez là bien !

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