Heureux qui comme Myriam & Alain ont fait un beau voyage…

Partir en voyage 6 mois en voilier en Polynésie …
c’était une première pour nous deux,
c’était larguer les amarres tout en gardant un port d’attaches,
c’était s’aventurer dans un ‘espace-temps’ pas encore exploré…
c’était être ‘de passage’ où que l’on soit,
c’était aller vers les autres et aussi vers soi.
c’était découvrir un nouvel environnement, une autre culture, dans un cadre tellement généreux…
c’était naviguer dans des eaux sublimes.

Gaia, à Bora Bora
C’est bo, tout simplement…
Sur la langue de sable d’Hirifa à Fakarava

La Polynésie a été à la hauteur du mythe. D’abord, la découverte d’un peuple essentiellement ouvert, accueillant, paisible. Ensuite, des paysages à couper le souffle dans une palette de bleus et de vert exceptionnels, que ce soit à terre, dans la mer ou dans le ciel. Enfin, le plaisir d’une navigation dans des endroits sauvages, désertiques et dans lesquels le mode de vie est unique.

Ce qui a été caractéristique de notre voyage, c’est notre statut de navigatrice.eur et donc ‘météo-dépendant’. Ce qui suppose de s’adapter en permanence aux éléments : au vent, au soleil, à la pluie. C’est vertigineux et pas toujours facile. Enfin, surtout quand il pleut, avec une saison particulièrement pluvieuse cette année sur notre périple !

Il m’a fallu parfois gérer un sentiment d’ennui. Ce que je pensais qui ne m’arriverait jamais ! Ben oui, je me nourris beaucoup de ce qui se passe autour de moi, des contacts avec les autres, et sur un voilier c’est parfois un peu limité ! Alain, de son côté a toujours été occupé entre préparer les navigations, les mener, l’entretien, la pêche…
On a eu des difficultés à se connecter à internet pendant ces 6 mois. On pensait que ce serait synonyme de ‘reposant’, mais comme notre vie est maintenant ‘hyperconnectée’, on est malheureusement ‘coupés’ des autres sans cela.

Une tentative de connexion…

Ce qu’on a particulièrement aimé :

– Découvrir un espace magnifique qui nous était totalement inconnu.
– Le sentiment de liberté qu’on a sur le bateau et le plaisir d’être sur un bateau qui marche bien
– La facilité avec laquelle il est possible d’entrer en relation avec les Polynésiens : d’abord, on se tutoie d’emblée, c’est tellement plus simple ! L’autre n’est pas considéré comme ‘une menace’ mais comme un autre moi-même et la relation s’instaure facilement.  On a pu constater que la gentillesse est une valeur importante dans les familles et transmise dès le plus jeune âge.
– La place des temps sociaux en Polynésie : chants, danse, musique, paroisse, qui rythment la vie.

Enfants qui répètent les danses pour le Heiva
Une soirée à ‘La roulotte’

– La capacité à prendre le temps, ne pas se presser, savourer et rechercher la tranquillité. La simplicité dans les relations : ici, on ne fait pas de chichis et on n’est pas dans un rapport de ‘surconsommation’ au monde.
– Le rapport à l’environnement : une adaptation parfaite des polynésiens vivant dans les atolls.
– Les moments de rencontre avec d’autres voyageurs, à naviguer parfois de concert dans les lagons. Tous ont eu ce rêve de navigation, un jour, et ils sont dans la réalisation de ce rêve.  C’est émouvant. ‘Il ne faut pas avoir peur d’avoir de grands rêves, afin de ne pas les perdre de vue en cours de route’.  

JB au vilolon, à Toau


– Une terre et une mer généreuses et magnifique : poissons, cocos, fruits, légumineuses…
-D’avoir eu plein de littérature sur la Polynésie, grâce à Jean-Claude qui nous fournissait régulièrement en livres à partir de sa propre bibliothèque.


– De revenir et de retrouver ceux qu’on aime !

Et si c’était à refaire…

On resterait plus longtemps aux étapes qui nous plaisaient, sans les contraintes qu’on a eu par rapport aux arrivées/départ des amis. Mais contraintes largement compensées par le plaisir d’être ensemble. Par exemple rester plus longtemps à Toau, Tikheau… . Rester plus longtemps à un endroit, c’est se donner la possibilité d’avoir des échanges plus intéressants avec les gens sur place, même si on reste des touristes pour les populations locales. Elles n’ont pas besoin de nous pour vivre, tout en étant partantes pour partager un instant avec nous. Il faut rester humble dans cette relation.

Si c’était à refaire, on proposerait davantage aux Polynésiens que l’on rencontre de venir faire une balade avec nous sur le voilier, justement pour être davantage dans l’échange, le partage.

Si c’était à refaire – Myriam : ‘J’avais décidé volontairement de ne pas avoir de projet particulier autre que celui de voyager. Si c’était à refaire, je me donnerais un ‘fil conducteur’ car c’est finalement constitutif de ma petite carcasse d’être en ‘mode projet’. Ça me stimule, ça me donne un but. Par exemple, j’interviewais tous les voyageurs qu’on a rencontré -et il y en a eu beaucoup- sur ce qui les a amenés à larguer les amarres. Et j’en ferai un petit bouquin.

On vous souhaite à tous de réaliser vos rêves…

J’aimerais maintenant répondre à Jean qui m’écrivait par WhatsApp le 14 septembre 2019: ‘En lisant le dernier article de ton blog, je me dis que je serai vraiment curieux de voir un article final sur un bilan de ce voyage, comme une réflexion philosophique sur ton rapport au monde.’
Fils, mon rapport au monde est le même depuis très très longtemps : favoriser l’équilibre et la justice, donc la paix ! En Polynésie, ce qui saute aux yeux, c’est une belle capacité à vivre le présent, le plus joyeusement possible. Parce-que la gentillesse est une qualité encouragée. Attention, cela ne veut pas dire que tout le monde est gentil avec tout le monde tout le temps, mais il y a une intention générale. C’est important ça, l’intention…J’aimerais que la gentillesse soit mieux valorisée dans notre société. Ici, on met surtout l’accent sur l’intelligence de la tête -pas forcément du cœur-, l’audace, le courage, la créativité, mais rarement sur la gentillesse. Elle est souvent perçue comme l’expression d’une faiblesse ou bien on s’imagine qu’elle cache quelque chose : la personne gentille attend forcément quelque chose en retour. Je pense que la gentillesse est le contraire de la faiblesse : c’est une force. Eh oui, c’est beaucoup plus difficile de rester optimiste, calme, souriant.e, à l’écoute que de mépriser ou user de la violence. La gentillesse est donc une valeur carrément moderne à mon sens. Bon, c’est pas facile et pas gagné, mais ça vaut le coup d’essayer. Dans la pratique et en vrac, c’est sourire aux personnes qu’on croise dans l’ascenseur, dans l’immeuble, dans les commerces, au boulot, dire quelques mots sympas quand une personne n’est pas en forme, c’est rendre service spontanément, dire aux gens qu’on les aiment,  être optimiste (voir le verre à moitié plein – Dans la vie, on a toujours des bonnes raisons de se plaindre hein, mais surtout tant de choses incroyables à savourer!),  être indulgent.e avec autrui et ne pas juger trop vite ceux qui croisent notre route.  ‘Disposition positive à voir le bon côté de l’autre, la gentillesse n’a rien d’obligatoire : je peux choisir de ne pas être gentil sans pour autant être un affreux méchant. Peu coûteuse en temps et en énergie, c’est pourtant une vertu efficace qui se cultive et qui se transmet facilement. Elle produit de la bonne humeur, du lien social et rend la vie plus douce. « Sans faire de nous des Jésus ou des superhéros, elle a le pouvoir de nous élever un peu, de nous anoblir, avec peu d’efforts », observe Emmanuel Jaffelin.
En fait, c’est surtout cette ‘leçon philosophique’ que je conserverai de ce voyage: la gentillesse comme un beau levier pour améliorer les relations humaines …
Bien loin de notre société Française où la peur et l’anxiété occupent l’essentiel de l’espace médiatique alors que nos conditions de vie sont encore enviées partout dans le monde, même si beaucoup de progrès restent encore et toujours à faire pour faire baisser la pauvreté et faire grandir l’écologie.

Et maintenant, place à de nouveaux rêves, à de nouvelles espérances et yella la vie ! On vous embrasse

Et quelques chiffres pour terminer …
Durée du voyage : du 29 mars au 6 octobre 2019 – 189 jours – 2315 miles parcourus – 11 îles visitées dans 2 archipels. On est loin d’avoir fait le tour, puisqu’il y a 5 archipels et 118 îles en Polynésie ! – Personnes à bord : Myriam & Alain,  Jean-Claude (47 jours), Elsa & Clair-André (28 jours ) Mathieu & Céline (16 jours); Cécile & Hadrien (10 jours) – 1 orteil cassé –

Les 5 archipels de Polynésie française… Un territoire grand comme l’Europe
Notre parcours: on est loin d’avoir fait le tour !

Voici ‘Les 5 secrets pour voyager’ de Nams et Mouts que j’ai découvert pendant le voyage et j’adhère….

  1. Avoir quelque chose à partager, à offrir : un talent, un service, des petits cadeaux
  2. Oser dire ‘oui’ aux opportunités, à ce qui arrive, même si on ne connait pas
  3. Respecter ses limites : ‘là, je ne le sens pas ou au contraire, là je le sens’. Suivre son intuition.
  4. Bien connaitre et assumer ses besoins.
  5. Être clair dans ses intentions.
  6. Être connecté aux autres.

Pour ceux qui ont envie d’en savoir plus sur la gentillesse… quelques mots d’autres sur le sujet
Serge Tisseron : ‘l’empathie, demande réciprocité : « Être à l’écoute des pensées et des émotions de l’autre, tout en acceptant qu’il ait accès aux miennes et qu’il m’apprenne des choses sur moi », rappelle-t-il. Une disponibilité à l’imprévu qui exige, justement, sécurité intérieure et confiance en soi. Loin d’être une faiblesse qui inhibe le moi et l’empêche de rencontrer autrui, c’est une force qui permet de s’ouvrir aux autres. « Pour être librement gentil, il faut avoir le choix de ne pas l’être », À la différence de l’anxieux social qui n’ose pas s’affirmer, « la gentillesse consentie dépend du contexte. C’est un choix comportemental qui me laisse la possibilité de faire un pas en arrière si je constate que l’autre ne la mérite pas. Non un engrenage de soumission ».

La gentillesse combat l’ignorance, dissipe la peur et la méfiance. Ce qui n’est pas sans danger : parce qu’elle nous relie les uns aux autres, elle crée l’intimité que nous cherchons et que nous redoutons à la fois. Elle nous fait prendre un triple risque, selon Serge Tisseron : « Je peux me sentir envahi par les émotions d’autrui ; craindre qu’il profite d’avoir accès à mon intériorité pour me manipuler ; ou appréhender, en acceptant de m’ouvrir aux autres, de compromettre mon indépendance. » Celle que nous cherchons dès nos premiers pas et que nous redoutons tant de perdre en vieillissant.

Pourquoi, entre ces deux extrémités de la vie où nous dépendons de la bienveillance des autres, ne pas accepter d’en faire preuve à notre tour ? « Dans une société individualiste, de compétition, où dominent les rapports de force et les affrontements communautaires, elle ne semble pas l’équipement de survie le plus approprié, note le philosophe Michel Lacroix… Alors que c’est justement ce qui peut nous sauver de la “barbarisation” ! Indispensable à l’harmonie sociale, il est grand temps de restaurer la gentillesse si l’on veut préserver notre écosystème relationnel. Sans elle, nous n’avons pas d’avenir. » Parce qu’elle est ce qui nous unit, en dehors des rapports familiaux ou d’intérêts, mais aussi parce que notre bonheur est inextricablement lié à celui des autres. Et que vivre sans est simplement insupportable. « L’irrespect, le mépris, l’agressivité nous plongent dans une guerre sociale qui nous épuise et nous fait souffrir », regrette le philosophe. Tandis que « le plaisir, la chaleur et le réconfort provoqués par la gentillesse n’ont jamais rempli les cabinets de psychiatrie », remarque Frédéric Fanget.

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